Le Grenelle de l’environnement : un compromis sans compromission
S’il est un sujet qui n’a échappé à personne cette semaine, c’est bien le Grenelle de l’environnement. Clôturé hier par le discours de Nicolas Sarkozy, devant un parterre de personnalités du monde politique et écologique, le Grenelle s’achève sur un sentiment optimiste et a fait naître une attente sans précédent.
Satisfaction d’abord, car ce sont plus de 300 personnes invitées aux tables rondes qui ont pu dialoguer sans tabous sur tous les sujets. Il n’y a guère aujourd’hui que les esprits chagrins, frustrés de ne pas avoir su provoquer eux-mêmes ce rendez vous historique, pour mettre en doute le premier succès de ce Grenelle.
Les orientations, sur lesquelles le parlement devra se prononcer, présentent le double avantage d’être fortes, mais surtout d’être réalisables. Que se soit en matière de fiscalité, de pratique de l’agriculture, de biodiversité, d’OGM, de transports ou de bâtiment, les propositions puisent leur légitimité dans la forte probabilité de leur réalisation.
Toutefois, si les conclusions du premier acte autorisent à se montrer optimiste, il reste un long chemin à parcourir. La démarche entamée ne peut se contenter de formule et de vœux pieux. Il faut désormais passer à l’acte, traduire les espérances nées de ce Grenelle en réalités.
Les députés et sénateurs ont désormais la tâche de proposer, d’examiner et de soumettre au vote du parlement les textes de loi qui reprendront les orientations.
Lors d’un débat sur TV35 auquel j’ai participé mardi dernier, les opposants au gouvernement avancent le manque de moyens financiers en faveur du développement durable et le faible engagement de l’Etat. Je veux leur rappeler que la première priorité d’un développement totalement durable c’est la maîtrise des dépenses et la réduction des déficits publics. Notre lâcheté serait de transmettre aux générations futures une dette abyssale en plus d’une planète en danger. Si la rupture est vitale en matière d’écologie, elle est capitale dans les politiques économiques et sociales de notre pays. Nicolas SARKOZY a été élu pour cela. Faisons lui confiance.
Loïc AUBIN
